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Épilepsie cérébrale [ft. Barek]



♦ True Love : Ma conscience névrosée.
♦ Métier : Sorcier (vaudou & Magie Noire)
♦ Camp : Les Limbes
♦ Conte : Dr. Facilier (La Princesse et la Grenouille) & Raspoutine (Anastasia)
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Ven 8 Jan - 15:45


Épilepsie cérébrale



~ Rasvin Dasvidanyia ft. Barek Raskol ~


Pourquoi se résignait-il a prendre ces médicaments ? Il ne savait pas réellement ce qui l'avait poussé à accepter. Peut-être l'envie de se fondre dans la masse ? Un délire inéluctable de paraître transparent pour mieux s’immiscer comme le mille pattes dans leurs cicatrices ; pour mieux duper la ville et arpenter les chemins comme un serpent qui, dans le silence, fait danser son meurtre dans son esprit avant de planter les crocs. Il devait paraître un agneau s'il voulait agir comme le prédateur. Mais il avait perdu quelque chose. Une partie de lui-même, qu'il alimentait depuis si longtemps, s'était comme évaporée peu à peu à cause du traitement, et il était trop tard. Elle était déjà partie. Sa conscience, sa voix, sa raison, il n'y trouvait plus refuge. Bartok ne lui répondait plus. Il avait décider de jeter sa langue au feu, laissant son maître seul face à ce nouveau monde qui tournait autour de lui comme une arène dans laquelle il devrait abattre les poulets, sachant pertinemment qu'ils connaissaient mieux l'environnement que lui, qui n'était plus qu'une lion noir naissant.

La haine, la colère, la perte des repères, les cheveux arrachés dans la forêt, les nombreuses crises. Les arbres lui tombaient dessus, le ciel s'affaissait sur son crâne fendu, la terre s'ouvrait sous ses pas. Aucun repère. Que le mal qui le ronge, qui lui grignotait le cœur à petit feu; une mite qui se nourrit à chaque seconde de son logis, sans ressentir l'envie de déménager.

- Parle-moi, je t'en supplie.

Mais il restait silencieux, regardant son maître perdu, comme s'il ne comprenait plus sa valeur et n'avait plus que l'esprit à rester sur son épaule, par habitude seulement, plus que par intérêt comme autrefois. Celui qui l'avait relevé, qui l'avait maintenu en vie avait disparut. Il avait changé, il n'était plus là. Il s'était dissout dans la pénombre, délaissant Raspou... Rasvin.

- Rasvin. Tu t'appelles Rasvin.

Mais Rasvin n'était plus qu'un, il n'avait plus personne à qui discuter, et il se retrouvait, pour la première fois depuis le massacre pourpre en Russie, seul, face à cette petite voix étrange et inconnue dans sa tête.

- Pourquoi répètes-tu tout ce que je dis ? Pourquoi me renvoie-tu mes maux ?

Il pensait seul, il était partie lui aussi. Bartok l'avait abandonné. Ne perdurait plus que son propre lui, dont l'écho se répercutait dans son crâne comme de tranchant couteaux qui ne lui inculquait que la seule envie de venir se planter dans d'autres chairs qu'il avait horreur de voir déambuler sagement devant lui. Le fantasme à l'idée de voir le vermeille teinter ses doigts, venir stagner dans ses ongles et ne pas réussir à s'en décoller le jour-même. Parfois, le soir, lorsqu'il prenait son médicament, cette envie se dissipait, quelques minutes, ne songeant plus qu'à l’ingurgitation du péché mignon. Peut-être qu'au fond, ce fichu calmant était devenu son repère, sa nouvelle drogue. Il regarda Bartok, toujours aussi sot, posé sur la rocher à côté. Rasvin s'endormait entre son rocher, comptant sur son Précieux pour le veiller, comme autrefois. Lorsqu'il se réveilla, il retrouva sa chauve-souris la tête en bas. Elle dormait. Il l'attrapa et serra ses doigts si fort qu'il sentait les spasmes de l'animal jusque dans ses propres muscles, comme s'ils s'étreignaient ou qu'il s'étranglait lui-même. Il l'avait abandonné. Bartok l'avait définitivement délaissé et, sur la colère, son maître avait offert sa vie aux Limbes, car oui, les pulsations du cœur de l'animal n'étaient qu'une continuité des siens.

- Bartok je t'en supplie reviens. Répond-moi. Répond-moi !

Mais il n'émettait plus aucune souffle, ne faisait plus trembler ses paupières comme chaque fois que le sorcier lui criait au visage, ne gigotait plus des ailes chaque fois qu'il voulait lui répondre. Son corps restait inerte, dans sa paume.

- Ne m'abandonne pas.

Rasvin sentait ses paupières trembler, ses lèvres se contracter.

- REVIENS-MOI !

Alors il le regarda, tremblant, et ravala sa salive, comme s'il allait commettre l'effusion du dernier espoir.

- Tu... tu resteras toujours... Bartok, tu reste-ras toujours... avec m-moi...

Il avança son visage de l'animal. Ses lèvres tremblaient, comme si elles ne désiraient pas remettre le couvert. Elles n'avaient plus manger depuis le festin du saint.

- Tu resteras toujours en moi.

Une fois les mains léchées, ses yeux se prirent à se déverser. Il hurlait de douleur, comme si l'on venait de lui arracher un poumon à main nu. Il sentit son corps s'affaler sur le sol boiseux, ses ongles racler la terre, comme s'ils allaient creuser la tombe, alors que sa bouche s'imbibait de poussière. Ses yeux brûlaient de douleur, et il sentait ses membres se rétracter sur lui-même. Les pleurs n'arrivaient plus à s'échapper, il les ravalait comme s'il suffoquait, se sentant mourir sur lui-même, comme le fœtus diabolique en pleine extinction. La terre se dilata sous ses larmes.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, il se réveilla dans une nappe verdâtre. Sa langue trempait dans sa déjection buccale. Il se redressa vivement, ne constatant même pas qu'il avait sommeiller dans les Limbes. Il trempa ses mains, et les cris reprirent. Son corps avait rejeté son bien, son offrande et il se retrouvait seul. Plus personne ne voulait être son fragment.

Les mains recouvertes de la désolation, le faible sorcier s'avança vers la chrysalide en face de lui, ce petit foie noir qui s'illuminait chaque fois qu'il s'approchait, comme le cœur même des ténèbres. Il s'agenouilla face à lui, posant pour la première fois sa main sur le vaisseau, suppliant de tout son être le retour de Bartok. Une nappe noire s'écoula du cœur et vint recouvrir Rasvin qui ne réagit pas. Lorsque la marée s'estompa, Rasvin se réveilla dans la forêt. Avait-il été rejeté ?


*
*                       *




Il secoua la tête et cligna des yeux. Son interlocuteur le fixait dans les yeux. Dasvidanyia se racla la gorge, remontant les manches de son veston miteux . Il n'avait réussi à se détacher de la grotte, dans la forêt, qui lui servait de domicile temporaire. Disons simplement que le confort auquel aspirait ses voisins du centre-ville, n'y était pas du tout, mais qu'il ne se rendait pas compte de son état. Ses vêtements tombaient en lambeaux, et il n'avait visiblement pas compris que son corps quémandait désormais d'être alimenté. Mais ça ne faisait que trois jours. Il y songeait encore. Il ne mangerait plus rien.

- Je ne suis pas malade, Docteur.

(c) Kiki.2000



Au plus noir de la nuit, c'était l'enfer, le calvaire. Un horrible cauchemar me remplissait d'effroi. J'en ai perdu mes esprits; un corps partait en charpie. Quand j'ai ouvert les yeux le cauchemar c'était moi !
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Lun 11 Jan - 12:04


ÉPILEPSIE CÉRÉBRALE
Rasvin Dasvidanyia ✤ Barek Raskol

❝ Anatomical and metaphysical ❞



Ses mirettes toisent leur écho au travers du psyché. Quelques particules d'inconstances s'épanchent à Ses épaules. Il papillonne des cils. Quelle est cette silhouette gracile qui répond aux battements nébuleux de son myocarde ? Nul le sait. Pas même lui. Il n'est qu'une brise voluptueuse dans laquelle se fonde les autres. Il disparaît au profit des plaintes amères qui s'émancipent. Il n'est qu'une éponge. Il absorbe les élans néfastes de ceux qui viennent se délier entre ses murs. Est-il réellement là finalement ? Il l'ignore. Sa paume palpe pourtant sa nuque nouée. Mais, il n'est même pas certain qu'il s'agisse de sa propre épiderme. Les chairs ne sont que pensées vaporeuses. Elles n'ont pas de poids dans sa léthargie latente. Tout n'est qu'une question d'émotions. Et, il n'a pas encore connaissance des membranes qui se déploient, qui se dissipent entre ses côtes. Il s'approche de son image. Il voudrait s'immoler en elle. Peut-être y trouver un quelconque point d'ancrage. Mais elle ne fait qu'accabler davantage le vide sous ses pas. Il y a-t-il une solution à ce casse-tête ? Ses alvéoles finiront-elles par retrouver leur destinée ? Mais, qu'est-ce que tout ceci peut-il bien signifier au fond ? Alors il hausse nonchalamment les épaules. Un rouage craque et résonne entre les parois aseptisées de l'habitacle. Il soupire. L'enveloppe qu'il porte lui semble bien trop étroite. Il délie ses membres, les étires. Mais rien y fait. Il est prisonnier d'un costume qu'il n'assimile pas. Ses phalanges viennent effleurer les pages incrustées de son agenda. Quelques noms obscurs se détachent sur le socle immaculé. Ces personnes cherchent en lui la clé d'une énigme, la reconnaissance éternelle du « qui suis-je ? ». Mais, comment répondre à cette nécessité de l'existence quand lui-même s'immerges dans un silence ? Où se place-t-il dans ce capharnaüm obsessionnel ? Entre l'ici et l'ailleurs, probablement. Le ronronnement d'un ordinateur l'arrache à ses inepties. L'univers s'enlise. Il bascule d'une dimension métaphysique. Et, lorsqu'il écarquille davantage les yeux, c'est pour soutenir ceux de son employée. Comment est-ce arrivé ? Il ouvre la bouche. Mais, aucun son ne daigne s'extirper de sa cage-thoracique. Le « tic-tac » de l'horloge se disloque à ses tympans. Il s'allonge en un râle funeste.
- Monsieur Raskol, votre rendez-vous de dix huit heure trente est ici.
Le timbre se dématérialise en une pluie de cristaux cinglants. Il agite sa petite caboche, fronce les sourcils en une expression peu assurée.
- Monsi...
- Fai... faites-le entrer.

Il est là ; immobile et impassible. Un silence sépulcrale s'étend jusqu'au tréfonds de leurs entrailles. Il le contemple, sonde la cadence vaporeuse de ses aspirations. Qui est-il ? Il l'ignore. Il inspire profondément. Depuis combien de temps sont-ils ici ? Là encore, il ne le sait pas. Il s'imprègne de ses souffles, ingères le flux dissonant du mécanisme entêté de sa pauvre cervelle. Les secondes, folâtres, mortelles défilent sans vergogne. Elles viennent encrassées les langues mortes. Alors, il s'agite. Il redresse son buste voûté. Il voudrait bien tendre la main, ne serait-ce qu'épouser cette mâchoire inéluctablement enracinée dans sa torpeur. Mais, il ne fait que racler sa gorge asséchée une fois de plus.
- Je ne suis pas malade, Docteur.
Il ne répond rien. Ses doigts s'imbriquent les uns aux autres et il se modèle dans une posture concentrée.
- Nous sommes tous malades, déclare-t-il, c'est le propre de l'être humain. Il est inconstant. Nous sommes, vous et moi, inconstants. Chacun d'entre nous.
Il griffonne quelques schémas sans intérêts sur le carnet qu'il a soigneusement entreposé sur ses genoux. Ses prunelles vides s'élèvent au dessus de ses verres. Et, à nouveau, il se perd dans une contemplation décadente.
- Savez-vous pour quelles raisons vous êtes ici ?
Ses paupières battent la danse erratique qui se joue au sein de son thorax. Il voudrait inhaler, harponner cet oxygène qu'il acclame tant. Mais, il ne peut que déglutir avec douleur. Il ingurgite le néant autour de lui. Il s'accapare l'interstice qui le noie.
- Personne ne vous a forcé. Encouragé, peut-être. Mais vous êtes venu seul, sans escorte, ni menaces. Alors, pour quoi êtes-vous, présentement, ici, devant moi ?

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Il a été aperçu dernièrement Lun 11 Jan - 20:46, errant dans
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Lun 11 Jan - 20:46


Épilepsie cérébrale



~ Rasvin Dasvidanyia ft. Barek Raskol ~


Son ventre se tord, comme la bouche d'un Kraken à qui l'on vient d'offrir un festin salés. Il sent ses côtes se contracter, comme si elles allaient se souder en un fœtus asséché.

Le double ricane.
« Ne dis rien ».
« Je ne dirais rien. »

« Nous sommes tous malades, c'est le propre de l'être humain. Il est inconstant. Nous sommes, vous et moi, inconstants. Chacun d'entre nous. »


Inconstant. C'était le cas de le dire. Il avait été...

Le double ricane.
« Je t'ai pas sonné toi. »
« Tu ne m'as pas non plus noyé ce matin... »
« Je n'avais plus de calmants. Tu le sais très bien. Ne fais pas comme si ça te déplaisais. »
« Ne joue pas les chiens battus, Raspoutine, ça ne te vas pas. »
« Ravsin ».
« Tu te laisses discipliner maintenant ? »
« La ferme. »

Rasvin redressa la tête, en se frottant le front, scrutant le carnet sur lequel gribouillait son docteur, bien qu'il n'arrivait à distinguer quoi que ce soit. Il cessa les mouvements de son index sur sa tempe lorsque monsieur Raskol lui infligea la sentence introspective :

« Savez-vous pour quelles raisons vous êtes ici ? Personne ne vous a forcé. Encouragé, peut-être. Mais vous êtes venu seul, sans escorte, ni menaces. Alors, pour quoi êtes-vous, présentement, ici, devant moi ? »

- J...

« Tu t'es fais rongé comme un rat, Raspoutine. »
« R.. ».
« Rasvin. Tu te perds mon pauvre garçon. »
« Fous-moi la paix, je n'ai plus besoin de toi ! »
« Si tu n'avais plus besoin de moi, tu aurais quémander d'autres calmants. Tu ne sais plus qui tu es. »
« J'ai besoin de lui. »
« Du Docteur ? »
« Mais non ignare ! »
« Tu sais très bien qu'il n'est plus... »

Son ventre se tord à nouveau. Les contractions émettent un capharnaüm indiscret et disgracieux.

«  Tu n'as pas man... ?. »
« Tais-toi je t'ai dis !»
« Tu n'es plus comme ava.. ».

- Et vous ? Pourquoi me parlez-vous ? Qu'est-ce que vous cherchez à obtenir de moi ?

« On avait dit molo, Rasvin. »
« Je croyais être trop doux, faudrait sa... sa-voir ! »

Son estomac se resserra de nouveau. Sa vue s'épaissit, comme si un voile funeste venait de s'ancrer sur ses pupilles. Dasvidanyia fronça les sourcils mais rien y faisait, la pièce tournait autour de lui. Il chercha les yeux du Docteur Raskol, comme point d'appui, mais ils lui échappaient. Les maux continuaient leur danse macabre, et il ne eut du mal à retenir une remontée de bile peux élégante.

« Je t'avais dit qu'il fallait te nour... »
« Facilier la FERME bon sang ! »

Il sent son monde s'écrouler, son estomac l'accabler. Ses lèvres s'assèchent, sa salive disparaît lentement, comme absorbés par ses palais insatiables. Il sent une nouvelle remontée affreuse. Un fièvre vient lui éclater les vaisseaux du crâne, alors même qu'il pose ses doigts tremblants contre son front déjà en sueur. En ouvrant les yeux, il ne retrouve plus le docteur.

« Raspoutine, écou... »
« Pizdec , Svoloch’ !  »
« Rasvin ! Ton corps a besoin de nourriture. Tu dois manger ! »
« Je ne mange-rais rien... rien d'autre. »
« Ma... »

- LA FERME !


Il tendit son bras vers le Docteur, bien qu'il n'arrivait plus à le distinguer. Ses doigts tremblaient, tandis que sa bouche chuchotaient d'incompréhensibles supplices, comme s'il luttait contre quelque chose.

- Par... pardon... excu-sez m-moi...

Son estomac lui infligea le coup de grâce et il sentit comme une artère lui exploser dans le crâne. Ses yeux se fermèrent, il sentie son corps se flageoler sur le parquet, alors que son estomac accumulait les spasmes. Il ne voyait plus rien en battant des paupières, rien d'autres qu'une atmosphère brumeuse qui lui donnait la nausée. Une nappe de bile lui torcha les lèvres, alors que ses ongles venaient griffer le parquet.

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Au plus noir de la nuit, c'était l'enfer, le calvaire. Un horrible cauchemar me remplissait d'effroi. J'en ai perdu mes esprits; un corps partait en charpie. Quand j'ai ouvert les yeux le cauchemar c'était moi !
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Il a été aperçu dernièrement Mar 12 Jan - 0:04, errant dans
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Mar 12 Jan - 0:04


ÉPILEPSIE CÉRÉBRALE
Rasvin Dasvidanyia ✤ Barek Raskol


❝ Anatomical and metaphysical ❞



Le temps se dilate. C'est une course à retardement, une fuite précipitée vers les jours d'antan. Il n'y a pas d'expiation, ni même de rédemption. Ce n'est qu'un long corridor dans lequel l'obscurité s’accroît. Seule la brise continue son balancement perpétuel. Elle ponctue les travers hasardeux des espérances déchues. L'humanité n'est qu'une fourmilière titanesque qui s'englue à contre-courant. Mais, Barek ne suit pas la cadence. Il n'est pas réellement présent. De son perchoir chimérique, il boit du regard les êtres qui grouillent et gazouillent sous son nez. Parfois, il aimerait participer à cette mascarade déliquescente. Ou, peut-être effleurer du bout des doigts ne serait-ce qu'une faible flamme. Mais il n'est rien. Ses iris capturent l'existence sans s'y fixer. Sa carcasse absorbe les ondes sans s'y attacher. Ce n'est qu'une bulle clandestine et solitaire dans la stratosphère. Où se trouve son point d'amarrage ? Il y a-t-il, seulement, une quelconque destinée susceptible de le ramener au port ? Est-il condamné à caresser les élans désertiques de sa pâle cognition ? Quoi qu'il en soit, son empreinte n'est pas ici. Elle n'a pas de racine en ce monde. Finalement, tout ceci n'est qu'une éternelle quête. Il n'y a pas de but défini, simplement une recherche alanguie. Il ne se positionne pas dans cette accalmie mensongère : il attend. Là où quiconque chercherait une brèche pour s'y engouffrer, Barek, lui, ne fait que scruter les secondes à venir. Il se perd dans l'immensité crapuleuse des âmes avides autour de lui. On le façonne, le griffonne, l'embryonne jusqu'à l'immersion. Mais il ne fait que dodeliner inlassablement de la tête. Ce n'est qu'une marionnette détrempée par les ouragans. Personne ne s'arrête. Personne ne s'entête à épouser ses courbes en chemin. Alors, il s'embourbe, s'embarde dans des simulacres pernicieux. Peut-être qu'un jour l'on ne regarderait plus à travers lui.

- Et vous ? Pourquoi me parlez-vous ? Qu'est-ce que vous cherchez à obtenir de moi ?
Il arque un sourcil. Il ne s'attend pas à ce retournement indécent. On ne lui rend pas ses interrogations. Alors, il incline quelque peu sa petite caboche, espérant naïvement comprendre ce nouveau déroulement. Rien ne filtre sur ses traits anguleux. L'étonnement ne prend pas la peine de se tisser. Il passe ses doigts le long de son front, inspire doucettement l'air ambiant.
- Je vous parle parce que je suis un homme. Je vous parle parce que vous êtes un homme. Et, c'est ce que font les hommes entre eux : ils parlent. Je ne cherche pas à obtenir quoi que ce soit de précis. A dire vrai, je n'attends que votre parole. Elle est précieuse. Elle l'est pour vous, avant toute chose. Mais également pour moi.
Pour quelles raisons ? Il n'aurait su réellement l'exprimer. Peut-être parce qu'il est psychiatre, avant toute chose. Ou, peut-être s'agit-il d'une exorcisation d'un devoir plus sinueux ? Peu importe. Il croise l'une de ses jambes, réajuste le col de sa chemise légèrement entrouverte.
- Votre parole a bien plus de poids que toute autre chose, se surprend-il à ajouter.
Il baisse les yeux sur son carnet. Il note. Quoi ? Rien de bien important : quelques expressions faciales, quelques manigances cérébrales. Il comprend le langage corporel. Il sait les silences avortés. Alors, il repose le calepin, voûte imperceptiblement sa colonne vers l'avant. Son regard sonde avec exactitude le sien. Il apprend. Il se jette tacitement entre les membranes nébuleuses qui s'écartent devant lui. Il ne dit rien. Il n'a pas besoin de cela pour pénétrer les agitations fructueuses de son interlocuteur. Il voudrait plonger ses phalanges au cœur de ses synapses, sentir les battements éloquents de son appétence. Mais il ne fait que battre des paupières.
- Vous...
L’enchaînement prend sens qu'à l'instant où la charogne se répand sur le sol. Barek se perd au tréfonds d'une incompréhension éhontée. Ses alvéoles s'emballent, se cabrent. Mais il ne parvient qu'à entrouvrir brièvement la bouche. Les muscles se tordent sous son regard éberlué. Il inspire profondément. Puis, il se précipite vers son hôte. Agenouillé au dessus du limaçon qui s'enivre d'une douleur cuisante, il ne sait quel geste entreprendre. On ne lui a pas appris les caresses de la chair. Il papillonne des cils une nouvelle fois, attendant une illumination proscrite. Mais en vain. Tout coule, ruisselle sur ses membres sans prendre vie.
- Monsieur... Monsieur Dasvidanyia, tente-t-il.
La coquille s'immole dans sa propre torpeur. Il plaque ses paumes contre ses épaules, exerce une pression pour maintenir les tressauts qui l'anime.
- Monsieur Dasvidanyia, vous êtes en état de choc. Restez avec moi.
Il étend son bras vers son bureau, empoigne une barre chocolatée qui trône là depuis le matin. Le sachet s'effeuille sous ses ongles et, rapidement, il glisse un morceau sucré entre les lèvres du patient.
- Mangez, intime-t-il, vous en avez besoin.
Un monde s'effondre avant que le calme ne refasse surface. Barek s'ancre au regard dévasté qui l'asticote. Il déglutit. Il s'accroche à cette lueur flamboyante qui balbutie dans l'ombre sépulcrale. Son souffle s'écrase sur sa repousse désordonnée. Il inspire avec force et détermination, incitant le pauvre larron à faire de même. Quelques minutes s'effritent encore. Il pose une main contre sa joue, cherche à en prendre la température.
- Comment vous sentez-vous ?

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Mar 12 Jan - 1:02


Épilepsie cérébrale



~ Rasvin Dasvidanyia ft. Barek Raskol ~


Ses globules se discordèrent dans ses artères. Son foi dansa le macabre, et ses papilles attestèrent le manque. Ses yeux furent aussi blancs qu'une cochenille, laissant ses paupières trembler. Un sifflement strident vint agresser ses tympans, si bien qu'ils n'entendait les dires de son docteur que partiellement, comme s'ils étaient cloîtrés dans une coupe de verre, et ne résonnaient qu'à l'intérieur. Facilier semblait avoir disparu de son esprit, comme s'il avait fuit pour laisser place à la douleur. Son corps le suppliait de l'intérieur, et il n'avait plus la force de lui résister. Alors il laissait cette cacophonie l'orchestrer, sentant à peine monsieur Raskol le soulever et l'attirer vers ce qu'il supposait être une table ; ou peut être un bureau. Il sentit une odeur sans doute sucré qui vint enivrer ses narines. Ses lèvres tremblaient comme si elles mourraient d'envie de se déposer sur cette friandise.

Manger, il ne pouvait. Ses intestins n'avaient rien vu circuler depuis l'atroce festin du Saint, lorsqu'il avait dû ingurgiter les restes non désirés par les chiens. Ce fut son dernier repas avant qu'il ne vende son âme aux Limbes, qui emportèrent avec elle le besoin de nourriture et de sommeil. Bartok n'avait pas eut le temps d'être adhéré par l'estomac que son œsophage avait immédiatement rendu l'animal aux terreaux. Raspoutine n'avait plus l'habitude de combler ses désirs humains. Mais s'il voulait supporter sa nouvelle enveloppe, s'il voulait perdurer en tant que Rasvin, il devait le faire. Lorsqu'il sentit l'index du docteur lui frôler la nuque pour le maintenir, ce fut don de confiance. Alors, encore tétanisé, il amouracha ses dents au chocolat, et manqua de s’étouffer en avalant la bouché trop vite. Il sentit ensuite les mains de Barek Raskol lui retenir le visage. A l'instant même où ses paumes fusionnèrent avec ses propres joues, leurs yeux se relièrent. Sa vue se figea enfin et se perdit dans ses prunelles noires, telle son ombre infinie méconnue. Il se laissa fondre dans le néant cristallin, divaguer dans l'iris réflecteur. La lumière faillit ; son corps s'abandonna.


*
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- Bartok je t'en supplie reviens. Répond-moi. Répond-moi !

Mais il n'émettait plus aucune souffle, ne faisait plus trembler ses paupières comme chaque fois que le sorcier lui criait au visage, ne gigotait plus des ailes chaque fois qu'il voulait lui répondre. Son corps restait inerte, dans sa paume. 

Ne m'abandonne pas. REVIENS-MOI !


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*                      *



La lumière. Un flash, un éclaircit blanc aveuglant, alors que son souffle se saccadait. Il sentit son front perler sur ses lèvres, ses yeux chercher à distinguer l'environnement dans lequel son corps avait prit place. Il reconnu bientôt le siège long en cuir brun sur lequel il avait visiblement été allongé. Ses vêtements miteux étaient humides, ses lèvres asséchées, ses paupières irritées. Il avala tant bien que mal sa salive, sentant son pouls se ternir, son cœur frapper moins fort contre sa poitrine. Le souffle saccadé comme s'il s'éveillait d'un cauchemar, il chercha le docteur du regard, et lorsqu'il le retrouva agenouillé par terre, appuyé contre son accoudoir, il se laissa tomber en arrière. Les dernières gouttes vinrent s'échouer dans ses paumes creuses, laissant son visage moite et brillant. Il ravala sa salive, alors que ses yeux fixaient désormais le plafond, en quête de la subtilité incongru qu'il avait subit. Son corps était une faiblesse à laquelle il allait devoir s'accoutumer. Les yeux toujours emboisés par le vide, sa main droite vint chercher celle de son docteur. Une fois les doigts noués, il ravala le surplus de salive sur sa langue et tenta de marmonner :

- Je... Je suis déso...

Il tenta de lui lâcher la main, bien que l'attitude ne lui gênait pas. Mais le tactile l'encouragea à la confidence, bien qu'il ne pouvait tourner le visage pour lui parler en face; comme s'il craignait de voir son reflet dans ses yeux, et de se faire l'aveu à lui-même :

- Je... Je ne sais plus qui je suis, Docteur.

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Au plus noir de la nuit, c'était l'enfer, le calvaire. Un horrible cauchemar me remplissait d'effroi. J'en ai perdu mes esprits; un corps partait en charpie. Quand j'ai ouvert les yeux le cauchemar c'était moi !
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Il a été aperçu dernièrement Mer 13 Jan - 23:49, errant dans
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Mer 13 Jan - 23:49


ÉPILEPSIE CÉRÉBRALE
Rasvin Dasvidanyia ✤ Barek Raskol


❝ Anatomical and metaphysical ❞



Sa poigne se referme sur ses doigts. Quelque chose filtre dans cet échange improbable. Un filament nébuleux s’immisce, se glisse sinueusement entre les chairs amantes. Barek inspire profondément l'air devenu âcre. Sa peau s'immole à travers une décharge lancinante qu'il n'assimile pas. Qu'est-ce donc cette délicieuse effervescence ? Il l'ignore. Mais, ses alvéoles s'immergent dans cette nouvelle contemplation des sens. Elles boivent ce fléau despotique à la source, puisent leur dépendance extatique. Sa paume exerce une pression à la fois docile et réconfortante. Son regard scinde la carcasse malmenée par les heures de vie manquée. Il voudrait se glisser sous la toile de son existence, apprendre les corrélations déliquescentes de son âme. La poésie qui émane de cette entité hasardeuse lui échappe. Il ne comprend pas les tressauts crapuleux de ses muscles. Par quel mal insidieux se retrouve-t-il affublé ? Sa mâchoire se crispe. Ses tendons se rétractent. L'incompréhension le pousse à courber l'échine. Ses paupières s'abaissent en une révérence tacite. Quelques arabesques obscurs dansent dans sa léthargie immuable. Quelques images se forgent, s'impriment au fer rouge au sein de ses noyaux affolés. Une fragrance familière revient lui chatouiller les narines. Il papillonne des cils. Un brin d'épice, une poignée fruitée qu'il n'intègre pas immédiatement, ravive une chaleur dissonante entre ses reins. Son épiderme se frotte harmonieusement à celle qu'elle épouse à l'instant. Elle avale les neiges mortes, l'identité calfeutrée dans l'ombre d'un battement de paupière. Barek se racle la gorge. Sa petite tête se penche davantage vers l'avant. Son nez se frotte imperceptiblement au sien. Que fait-il ? Peu importe à dire vrai. Il suit les muses chimériques qui le guident. Son pouce trace une spirale méticuleuse, suit les courbes longilignes du poignet amaigri par le manque. Depuis combien de temps n'a-t-il pas écouté les appels désespérés de son corps ? Un moment, sans aucun doute. La tiédeur de son souffle s'épanche une énième fois à son visage, enlace sa nuque, y dépose une pluie de pétillement doucereux le long de son échine. Les fourmis trouvent refuge à ses tempes. Elles l'obligent à faire claquer sa langue contre son palais. Il s'arque une fois encore. Il cherche à disparaître entre ses côtes.
- Je... je suis déso...
Il aurait souhaité lui coudre les lèvres pour cet affront. Les excuses n'ont pas leur place ici. Alors, il esquisse un rictus lénifiant. Il n'est pas dans le jugement. Il ne fait que regarder, que passer au peigne fin les balles criblées dans l'encéphale. Il ne se préoccupe pas des conventions. Ici, tout est permis.
- Ne vous excusez pas, Rasvin. Je peux vous appeler Rasvin ?
Mais il n'attend pas l'accord. Il comble l'espace qui s'éternise entre eux. Il cherche à ne faire plus qu'un avec lui, à s'introduire entre les aspérités de son bulbe.
- Rasvin, regardez-moi. Vous n'avez pas à vous excuser auprès de moi.
Il se redresse finalement. La proximité d'un corps l'agite jusqu'au tréfonds de ses entrailles. Cependant, il ne s'éloigne pas totalement. Il prend appui contre son bureau, croise les bras contre son torse afin d'implanter à nouveau cette barrière fictive qu'il affectionne tant. Cette dernière n'est qu'un stratagème. Elle lui permet de pallier les lames que les autres s'évertuent à enfoncer jusqu'à scier la moelle. Il redoute une certaine nature humaine ; comble de l'ironie alors qu'il est chargé d'en étudier le fonctionnement. Son regard se fixe de longues minutes sur la silhouette amorphe qui s'étend sous lui. Une perte de repères oblige son myocarde à se cabrer sous sa chemise. Sa respiration n'est plus qu'un ronronnement enroué. Où est-il ? Il le sait. Mais, quelques fois, le doute vient l'engourdir. Son cerveau n'est pas fiable. Il n'est qu'une pâle lueur qui s'amenuise sous l'alizé.  
- Je... je ne sais plus qui je suis, Docteur.
« Qui être ? » Barek ne cille pas. Cette déclaration éveille un écho familier au creux de son âme. Il ne sourit pas mais, tout son faciès tente à s'animer. Ses paumes viennent agripper le rebord du meuble, tandis qu'il se cambre quelque peu vers lui. Quelque chose vrille au cœur de ses prunelles. Et, bientôt, une étincelle flamboyante de sympathie s'y échauffe.
- L'important n'est pas l'homme que vous êtes là, à l'instant T. Mais, l'homme que vous serez demain. Ou du moins, l'homme que vous souhaiteriez être. L'être humain passe son existence à chercher des réponses, à se poser cette éternelle question : qui suis-je ? Seulement, c'est une mauvaise manière de procédé. La réelle interrogation, finalement, c'est : qui voudrais-je devenir ? C'est ça, l'essentiel.
Il marque une courte pause. Ses mots planent une fraction de seconde, telle une problématique à résoudre. Puis, il ajoute d'un timbre légèrement plus bas :
- Qui désireriez-vous être, Rasvin ?

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♦ True Love : Ma conscience névrosée.
♦ Métier : Sorcier (vaudou & Magie Noire)
♦ Camp : Les Limbes
♦ Conte : Dr. Facilier (La Princesse et la Grenouille) & Raspoutine (Anastasia)
♦ Avatar : Mads Mikkelsen

♦ Inscription : 14/10/2014

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Ce personnage a rejoint l'équipage pour la cité perdu le 14/10/2014.
Il a été aperçu dernièrement Jeu 14 Jan - 20:04, errant dans
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Jeu 14 Jan - 20:04


Épilepsie cérébrale



~ Rasvin Dasvidanyia ft. Barek Raskol ~


Il lui lâcha la main pour rejoindre le bureau à un mètre de lui.

« L'important n'est pas l'homme que vous êtes là, à l'instant T. Mais, l'homme que vous serez demain. Ou du moins, l'homme que vous souhaiteriez être. L'être humain passe son existence à chercher des réponses, à se poser cette éternelle question : qui suis-je ? Seulement, c'est une mauvaise manière de procédé. La réelle interrogation, finalement, c'est : qui voudrais-je devenir ? C'est ça, l'essentiel. »

La question était de taille. Il n'était plus personne depuis qu'il avait offert sa vie aux Limbes. Il n'avait été plus qu'une vengeance enveloppée dans une gaufre humaine qui s'émiettait aux moindres gestes, chaque année un peu plus, tant qu'il n'avait pas abattu la dernière des Romanov. Pendant toutes ces années, il avait perdu toute once d'humanité. Bien que Bartok lui apportait ce manque par sa présence et son ancrage dans la réalité, Raspoutine, lui, n'était qu'une vengeance sur pattes. Il ne ressentait pas d'autres émotions que la haine, la colère, le désir insatiable de voir le sang couler. Il ne savait plus s'alimenter, et n'avait plus l'habitude de devoir laisser à son corps, un temps de repos vital.

Son esprit avait laissé naître plusieurs états de colère, plusieurs visages avec lesquels le sorcier se concertait au quotidien. Mais tout avait changé. Les fragments de son identité s'étaient éparpillés dans le néant, ne perdurait plus qu'une inconstance inconnue, une fièvre constante, un regard inconnu sur ce qui l'entourait, une personnalité aussi vide qu'une fiole qui ne demandait que quelques gouttes retrouvées pour se remplir. Un calice maudit dont le breuvage ne reflétait plus son visage mais une forme qui nécessitait d'être modeler. Il devait se rebâtir. Il devait naître.

« Qui désireriez-vous être, Rasvin ? »
- Je me sens faible. Je ne me reconnais pas.

Il ne pouvait révéler à son psychiatre les raisons de cet abandon de soi, le motif pour lequel il ne parvenait à se retrouver, à s'identifier et à s'adapter. Il devait conserver sa couverture ; et, bien que le Docteur Golden lui avait certifié qu'un médecin se devait de conserver le secret professionnel, Rasvin n'avait pas apprit à offrir sa confiance. Il se retrouvait là, comme un dent-de-lion qui menaçait de se dissocier au moindre coup de vent, comme une cigale qui craignait de se faire écraser au moindre pas.

- Je ne saurai dire si j'ai déjà été quelqu'un...

Toujours abattu dans son fauteuil, Rasvin tourna enfin son visage vers son docteur. Son ventre répéta quelques notes disgracieuses pour quémander qu'on assouvisse son besoin.

- Je n'ai jamais vécu. Je n'ai jamais eut le temps de vivre.

Son estomac gargouilla de nouveau, alors que ses lèvres se crispèrent :

- On m'a arraché la vie.

Les dires du docteur Raskol résonnèrent de nouveau dans ses tympans: « L'important n'est pas l'homme que vous êtes là, à l'instant T. Mais, l'homme que vous serez demain. Ou du moins, l'homme que vous souhaiteriez être. » Ces mots avaient beau se tordre dans son crâne comme l'écho d'un cri effaré, ils ne prenaient pas forme. Son esprit ne parvenait à bâtir une projection sensée. Le Russe n'arrivait pas à s'imaginer lui-même. A vrai dire, il n'arrivait que partiellement à réfléchir sur son désir de vengeance et sur la réelle conviction de sa renaissance. Il ne se sentait plus qu'une coquille vide, délaissée de sa conscience; un œuf qui ne parvenait pas à éclore, comme si seul un être aurait été capable d'en fissurer la parure pour lui. Mais cet être n'était plus. Ni dans les Limbes, ni dans son foi. Il n'était plus qu'une idée intangible, dissoute dans la nature, oubliée au vent. Son maître n'était qu'une carcasse sans résident.

Tout comme son estomac.

- Je me sens faible, docteur.

Son ventre beugla à nouveau, comme s'il désirait rétorquer à ses dires qui ne lui étaient pas explicitement destinés, bien que Dasvidanyia commençait à prendre conscience qu'il allait devoir polir son corps, s'il voulait parvenir à ses fins, car bien qu'il se sentait vide et absent, une petite paillette de vengeance résonnait toujours ci-et-là dans son crâne. Mais il ne pouvait détruire une vie sans se façonner lui-même auparavant.

(c) Kiki.2000



Au plus noir de la nuit, c'était l'enfer, le calvaire. Un horrible cauchemar me remplissait d'effroi. J'en ai perdu mes esprits; un corps partait en charpie. Quand j'ai ouvert les yeux le cauchemar c'était moi !
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Jeu 4 Fév - 14:38


ÉPILEPSIE CÉRÉBRALE
Rasvin Dasvidanyia ✤ Barek Raskol


❝ Anatomical and metaphysical ❞



- Je me sens faible. Je ne me reconnais pas.
Mais l'être humain est ainsi. Il ploie, se noie sous le poids d'une destinée insensée. Il attise, s'enlise à travers les flammes despotiques des Enfers. Il s'immerge dans les méandres nébuleux de ses aspirations. Et, finalement, sa raison ne trouve plus d'échappatoire à ses propres litanies perfides et sinueuses. Ainsi est son dessein. Alors, il brasse de l'air, cherche à happer l'air qui l'entoure, parfois à l'arracher à celui qui gît à sa gauche. Mais tout ceci n'est qu'une suite discordante d'inspirations belliqueuses. Barek ne connaît que trop bien ces ronds de jambes pernicieux. Il lui suffit de sonder cette fourmilière désordonnée qui s'affole autour de lui. Parfois, il aimerait participer à cette ronde sans queue ni tête. Seulement, il ne parvient jamais à s'éparpiller de la sorte. Alors, il reste là, négligemment recroquevillé entre les parois palpitante de sa boite crânienne. Qu'est-il, finalement, dans cette spirale écarlate où les cœurs ne cessent de quémander leur libération conditionnelle ? Rien, sans nul doute. Peut-être que sa position est plus confortable que celle adoptée par ses congénères. Après tout, de son perchoir, rien ne vient troubler ses heures. Mais, il ne sait plus réellement où s'affirmer. Est-il présent dans cette réalité ? Ou bien, est-il égaré entre deux eaux troubles ? Souhaite-t-il en trouver la réponse ? Non, bien entendu. Comme les enfants, Barek presse ses paumes contre ses yeux, échappe au joug accapareur de sa condition. Il ne veut pas absorber les lois extatiques de l'univers. Il préfère nager entre les rouages indicibles de ses illusions déchues.
- Vous êtes-vous, seulement, déjà reconnu par le passé ? Parfois, nos convictions ne sont pas une vérité. Elles sont, bien souvent, influencées par nos aspirations, ce que l'on souhaiterait. Mais elles ne sont réelles qu'à nos yeux.
Ses mirettes détaillent la silhouette anguleuses qui s'étend paresseusement sous elles. A nouveau, l'envie lui prend d'effleurer la carrure despotique de cette mâchoire d'acier, mais il n'en fait rien. Cela n'aurait aucun sens. Et pourtant, il ressent le besoin viscéral de son patient : celui d'être reconnu. Par lui-même, certes. Mais également par autrui. Sa petite caboche s'agite d'un côté sur l'autre, chasse l'empathie dans laquelle elle suffoque. Secrètement, il sait que sa destinée se place ici : à travers les suppliques inespérées de ces êtres qu'il côtoie. Coquille creuse de toute identité singulière, Barek éponge les délires lancinants qui mutilent chaque fois davantage son âme. Ce n'est qu'un aimant qui, silencieusement, s’accaparent les maux qui l'assaillent de toute part.
- Êtes-vous certain que l'on vous a arraché la vie ? Bien souvent, l'être humain s'en arrache par lui-même. Il est simplement plus confortable d'accuser un autre que soi. Et, quand bien même l'on vous aurait réellement arraché la vie ; qui vous contraint à ne pas la rattraper ? Vous-même. Regardez autour de vous, Rasvin. Il n'y a que vous et moi, ici. Vous êtes en sécurité. Alors, reprenez à nouveau la main que vous tend l'univers. Laissez-le vous habiter.
Un gargouillement affamé lui répond et, Barek ne peut empêcher un rictus amusé d'étirer ses lèvres pincées. Méthodiquement, il se détache de son bureau, le contourne, puis remet quelques effets à leur place.
- Vous êtes mon dernier rendez-vous, déclare-t-il solennellement, de ce fait, je vous propose de continuer cette conversation chez moi. Il est évident que vous avez besoin de nourrir votre organisme. Qui plus est, je suis un excellent cuisinier.
Une fois encore, Barek ose lui adresser un doucereux regard. Il glisse son buste entre les pans de son manteau puis, tout en se saisissant de son cartable, se dirige vers la sortie. Là, il se retourne à nouveau vers la pauvre carcasse, visiblement, vide de toute pulsation. Quelques secondes s'écoulent où, personne ne semble vouloir briser l’accalmie qui se dilate délicieusement. Alors, Barek s'efforce d'inhaler discrètement l'oxygène dont il dépend. Une poésie incompréhensible s'épanche autour d'eux. Quelques minutes, désormais, s'effritent. Il ouvre finalement la porte.
- Venez, intime-t-il dans un souffle chaleureux.

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